đŸ””La Cosmogonie de l’Intelligence du Recrutement (IR)

Pourquoi l’intelligence du recrutement ? L’intelligence, telle que je l’ai cĂŽtoyĂ©e de prĂšs, est un ensemble d’aptitudes Ă  exercer une activitĂ© un peu hors des sentiers battus, celui d’expert du renseignement humain ou, en termes anglo-saxons, Human Intelligence ; c’est lĂ  que commence ce lien Ă©troit. Du renseignement humain, il est nĂ©cessaire d’en retenir l’élĂ©ment substantiel principal qu’est l’humain. L’Humain est la clĂ© et l’axe de rotation du renseignement, tout comme dans le recrutement. C’est ce pivot qu’il est indispensable de comprendre, d’apprĂ©hender afin d’ĂȘtre capable de l’ouvrir suffisamment pour que les informations verbales et non verbales qu’ils nous communiquent puissent valider son profil et rĂ©pondre aux attentes complexes des entreprises.

L’intelligence du recrutement se profile comme un outil complĂ©mentaire visant Ă  rĂ©duire les risques d’erreurs de casting, agissant en tant que rĂ©ducteur d’incertitudes. Bien que des statistiques prĂ©cises soient difficiles Ă  Ă©tablir, on estime un taux d’Ă©chec de l’ordre de 25%, engendrant des coĂ»ts substantiels pour les entreprises, non seulement sur le plan financier, mais Ă©galement en termes de retards dans la chaĂźne d’approvisionnement, de performance globale, voire de dĂ©gradation de l’image de l’entreprise. L’intelligence du recrutement ne remplace pas les mĂ©thodes existantes (entretiens, tests, annonces, intĂ©gration
), mais se positionne comme un outil d’analyse de l’humain inspirĂ© des techniques du HUMINT.

Dans ce monde en constante mutation, oĂč la quĂȘte de sens, de vĂ©ritĂ© et de libertĂ© devient une prioritĂ©, la comprĂ©hension de l’humain est essentielle pour le positionner dans son environnement futur, faisant ainsi de l’IR une composante cruciale du recrutement. Recruter ne se rĂ©sume pas Ă  parcourir des CV, Ă  Ă©tablir des rĂ©seaux, Ă  faire preuve d’empathie, Ă  rĂ©diger une annonce, Ă  poser des questions, ou Ă  remplir une grille d’Ă©valuation… C’est bien plus que cela ; c’est Ă©tablir une relation de confiance avec le candidat, saisir ses attentes, et comprendre finement les personnes avec lesquelles nous interagissons, une composante majeure du HUMINT. Ainsi, l’utilisation du terme « Intelligence du Recrutement » trouve un lien Ă©troit et une logique.

Attachons-nous quelques instants sur les mots en tant que tels, j’associe, comme vous le voyez tous, ces Ă©lĂ©ments au terme intelligence dans ses significations Ă  la fois anglo-saxonne (au sens du renseignement) et latine (qui provient du terme intelligere, signifiant savoir faire des liens). Nous comprenons que l’un et l’autre, loin de s’opposer, s’enrichissent mutuellement et Ă©voquent par dĂ©finition des Ă©lĂ©ments en interconnexion permanente. L’intelligence ici dĂ©veloppĂ©e est la capacitĂ© Ă  comprendre les personnes, Ă  s’adapter Ă  elles afin d’ĂȘtre capable d’en extraire les Ă©lĂ©ments qui valident un recrutement. 

Positionner une personne, mais surtout l’installer lĂ  oĂč elle va s’épanouir professionnellement, est l’enjeu et le sens mĂȘme du recrutement moderne. C’est cette ligne de connexion directe entre l’Humint et le recrutement qui me permet de rĂ©diger ce deuxiĂšme volet sur la Cosmogonie de l’intelligence du recrutement. Il ne s’agit pas ici de dĂ©velopper ce qu’est le recrutement, ni Ă  quoi il sert, ni d’évoquer les mĂ©thodes classiques et connues, mais bien d’établir avec le plus de clartĂ© possible ce lien Ă©troit entre l’intelligence et le recrutement !

 

La Cosmogonie de l’intelligence du recrutement est formĂ©e de diffĂ©rentes entitĂ©s de base : le corps, le langage et l’observation…

Le corps et la maniĂšre dont il communique (posture, gestuelles, positionnement dans l’espace
) sont la partie physique d’un ĂȘtre humain. Sa simple Ă©vocation peut trĂšs rapidement paraĂźtre rĂ©ductrice, simpliste, voire caricaturale : considĂ©rĂ© seul, il peut constituer un clichĂ© qui vous orienterait dans la mauvaise direction. Il est essentiel de comprendre qu’il ne s’agit que d’un critĂšre du cosmos de l’Intelligence du recrutement et qu’il n’a d’intĂ©rĂȘt que s’il est croisĂ© avec les autres (que nous dĂ©velopperons ensuite tout au long des diffĂ©rents Essais sur l’IR).

Le langage verbal est notre maniĂšre de communiquer, allant du ton de la voix aux mots utilisĂ©s. Chacun d’entre nous, en fonction de la situation donnĂ©e, va utiliser un ton et un rythme spĂ©cifique de discours. Identifier le rythme de votre interlocuteur vous permettra de vous accorder avec lui et ainsi de vous en rapprocher. À l’inverse, vous avez peut-ĂȘtre comme objectif de gĂ©nĂ©rer une tension pour crĂ©er un choc cognitif. Dans ce cas, ĂȘtre en dĂ©saccord avec le rythme donnĂ© gĂ©nĂšre de la distance avec la personne qui vous fait face. Cela est utilisĂ© en nĂ©gociation afin de dĂ©gager de nouvelles pistes de discussion. En effet, le choc cognitif, fruit de votre stratĂ©gie, crĂ©e un perturbateur positif qui permettra d’imposer la rĂ©flexion et donc l’ouverture.

Les mots et le rythme utilisĂ©s par vos interlocuteurs sont Ă  dĂ©coder, car ils vous permettront de gĂ©nĂ©rer de l’empathie avec vos interlocuteurs. Arriver Ă  s’exprimer sur le ton et avec des mots qui font sens pour la personne qui vous fait face est une clĂ© afin d’intĂ©grer son univers. Le langage verbal n’est pas, au sens strict, le contenu du discours, mais bien la qualitĂ© des mots utilisĂ©s et la tonalitĂ© de la voix. Ces Ă©lĂ©ments, verbaux (7%) et non verbaux (93%), qui composent le cosmos de l’Intelligence, peuvent aussi nous permettre de percevoir si une personne dit vrai ou non. Le contenu de son phrasĂ©, sa rhĂ©torique peuvent ĂȘtre totalement remis en question si, par exemple, la tonalitĂ© de sa voix ou sa gestuelle ne correspondent pas Ă  ce qu’elle dit.

Le rĂŽle de l’observation, c’est vouloir dĂ©coder une personne Ă  travers sa communication, ce qui requiert un vĂ©ritable intĂ©rĂȘt naturel pour la comprĂ©hension des comportements humains. L’Observation est le point nodal oĂč se croisent les Ă©lĂ©ments de l’Intelligence du recrutement.