đŸ”” Le dessous des cartes de l’AG TotalEnergies 2025

Une gouvernance huilée comme une mécanique de précision.

Au premier plan, une structure stable.

Patrick Pouyanné conserve un package de rémunération 2024 quasi inchangé pour 2025, validée :

‱ 1,55 M€ de fixe (inchangĂ© depuis 2022)

‱ Jusqu’à 2,79 M€ de variable, indexĂ© Ă  180 % du fixe

‱ 140 000 actions de performance, niveau comparĂ© aux standards français et internationaux

L’argumentaire est clair : continuitĂ© stratĂ©gique, benchmark CAC 40, assiduitĂ© irrĂ©prochable des administrateurs (97 %), conseil diversifiĂ© Ă  82 % indĂ©pendant. Tout semble millimĂ©trĂ©.

Mais l’essentiel est ailleurs.

Car l’AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale ne se rĂ©sume pas Ă  des bullet points de gouvernance. Elle joue un autre rĂŽle : celui d’un signal envoyĂ© au marchĂ©, aux ONG, aux États
 et aux investisseurs.

Signal 1 : Un cap maintenu sans vacillement.

TotalEnergies trace sa route entre pressions climatiques et promesses de rendement.

Depuis 2015, émissions de méthane réduites de -80 %, et dividende en hausse.

Une forme d’équilibre entre impact environnemental et impact actionnarial, assumĂ© sans ambiguĂŻtĂ©.

Signal 2 : Une stratégie duale maßtrisée.

17,8 G$ d’investissements nets en 2024 :

‱ 34 % pour le pĂ©trole et gaz

‱ 27 % pour le GNL

‱ 27 % pour les Ă©nergies bas carbone (Integrated Power + H2)

La transition est gĂ©rĂ©e comme un portefeuille, non comme une rupture. Elle s’inscrit dans un tempo propre, calibrĂ© pour prĂ©server le retour sur investissement : ROACE de 14,8 %, 15,8 % de ROE, ratio d’endettement rĂ©duit Ă  8 %.

Signal 3 : Une anticipation fine des attentes.

L’AG met en avant des Ă©lĂ©ments symboliques forts :

‱ SĂ©minaire stratĂ©gique avec Goldman Sachs

‱ Rapports climat dĂ©taillĂ©s, 13 000 capteurs de mĂ©thane en 2025

‱ Nouvel administrateur salariĂ© nommĂ© en mai 2025

‱ 6 administrateurs internationaux pour maintenir un prisme global

En surface, tout est conforme sous le prisme d’une scĂ©nographie d’influence. Chaque graphique, chaque ratio, chaque nomination vient rĂ©pondre, en creux, Ă  une critique ou Ă  un risque rĂ©putationnel. C’est le HUMINT du capitalisme moderne : capter les signaux faibles, rĂ©pondre sans sembler se justifier.

Et pourtant
 un sous-texte s’impose.

La rémunération du PDG reste perçue comme un signal politique.

Le seuil symbolique de 2 M€ de fixe n’est pas franchi, mais la part variable croĂźt. Le langage non verbal ici : “stabilitĂ© apparente, rĂ©tribution dynamique”. Le pouvoir reste entre les mains d’un homme-clĂ©, dans un Ă©quilibre de gouvernance parfaitement contrĂŽlĂ©.

Conclusion HUMINT

TotalEnergies n’improvise rien. L’AG 2025 n’est pas un simple exercice statutaire. C’est un moment de narration stratĂ©gique, une dĂ©monstration de constance et d’agilitĂ© dans un monde incertain. À ceux qui doutent de sa transition, l’entreprise oppose sa performance. À ceux qui s’inquiĂštent du climat, elle oppose ses progrĂšs mesurables.

Mais elle révÚle autre chose :

Une architecture du pouvoir stable, centrée, lucide, qui joue sur les deux tableaux sans jamais perdre la main.

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