En 2025, plus dâune douzaine de nouveaux CEO ont pris la tĂȘte du CAC 40 et du SBF 120. DerriĂšre le bruit mĂ©diatique, ce sont les signaux invisibles qui comptent : fragilitĂ©s structurelles et arbitrages profonds au sein des conseils.
1. Renault : lâintĂ©rim qui dit tout.
Le dĂ©part surprise de Luca de Meo en juin 2025, aprĂšs cinq ans Ă la tĂȘte du groupe, a conduit Ă un intĂ©rim confiĂ© au CFO, Duncan Minto. RĂ©vĂ©lateur dâune tendance lourde : prĂšs de 50 % des successions dans le SBF 120 sont non planifiĂ©es. Ces transitions improvisĂ©es exposent les entreprises Ă des pertes de valeur actionnariale de plusieurs milliards. Les boards rĂ©agissent en urgence, plus quâils nâanticipent.
2. Kering : lâarme de la gouvernance.
Ă partir de septembre 2025, François-Henri Pinault conserve la prĂ©sidence et confie la direction exĂ©cutive Ă Luca de Meo. Cette sĂ©paration des rĂŽles, adoptĂ©e par plus de 65 % des entreprises du SBF 120, illustre comment la gouvernance devient un levier stratĂ©gique : rassurer les marchĂ©s, renforcer la surveillance, donner de lâagilitĂ© face aux pressions actionnariales.
3. BIC : internationalisation assumée.
Le choix de Rob Versloot, NĂ©erlandais et ancien dirigeant du Hero Group, en dit long. Les CEO Ă©trangers reprĂ©sentent dĂ©sormais 22 % du SBF 120, contre 7 % en 2021. Les conseils cherchent des regards venus dâailleurs pour imposer des ruptures, surtout dans les secteurs matures oĂč lâinnovation cross-frontiĂšres est critique.
4. Ipsos : le profil transformer.
Jean-Laurent Poitou, ex-Accenture, arrive en septembre 2025 pour repositionner lâentreprise face au choc de lâIA. Exemple dâune nomination oĂč le profil disruptif prime sur la continuitĂ©. 43 % des CEO rĂ©cents du SBF 120 viennent dĂ©sormais de lâexterne, signe dâune quĂȘte prioritaire de compĂ©tences en disruption technologique.
5. Le paradoxe de la diversité.
Les comex se fĂ©minisent (prĂšs de 30 %, 54 % des sociĂ©tĂ©s atteignant ce seuil en 2024), mais au sommet, le recul est net : moins de 10 % de CEO femmes dans le CAC 40, avec seulement quatre dirigeantes en 2025. Lâouverture sâaccĂ©lĂšre pour les talents Ă©trangers, mais reste bloquĂ©e pour les talents fĂ©minins â plafond de verre persistant malgrĂ© les textes.
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Le dessous des cartes HUMINT :
Ces successions révÚlent :
des boards vulnĂ©rables aux dĂ©parts imprĂ©vus, des coalitions dâactionnaires qui arbitrent plus vite, sous pression de fonds globaux, une gouvernance utilisĂ©e comme instrument tactique, et une diversitĂ© qui demeure davantage un symbole quâun pouvoir rĂ©el.
La vraie question nâest pas « qui entre et qui sort ? »
Mais : qui orchestre, dans lâombre, les rĂšgles invisibles de ces successions â et comment les transformer en atouts durables pour anticiper les crises futures ?
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