đŸ”” Canal+ – MultiChoice : deal financier ou redistribution silencieuse du pouvoir ?

Le 22 septembre 2025, Canal+ boucle l’acquisition de MultiChoice pour 2 milliards de dollars. Sur le papier, il s’agit de bĂątir un “gĂ©ant africain” de 40 millions d’abonnĂ©s dans 70 pays. Mais une lecture HUMINT rĂ©vĂšle une opĂ©ration qui dĂ©passe la logique industrielle : ce rachat redessine les Ă©quilibres de gouvernance, d’influence et de pouvoir sur un continent stratĂ©gique.

Les hommes derriĂšre le rideau.

‱ Maxime Saada, prĂ©sident de Canal+, incarne la centralisation parisienne. Il orchestre depuis des mois un dispositif pensĂ© pour consolider le pouvoir Ă  Paris, fidĂšle Ă  la vision BollorĂ©.

‱ David Mignot, nommĂ© CEO de MultiChoice, connaĂźt l’Afrique depuis plus de 20 ans. Sa nomination rassure les rĂ©gulateurs locaux, mais tout indique qu’il sert de “pont” entre Johannesburg et Paris, dans une loyautĂ© assumĂ©e Ă  Canal+.

‱ Nicolas Dandoy, CFO, verrouille le levier financier. Dans ce type d’intĂ©gration, le contrĂŽle des flux est plus stratĂ©gique que les discours officiels.

‱ Calvo Mawela, figure respectĂ©e et ex-CEO de MultiChoice, devient prĂ©sident de Canal+ Africa. Un titre valorisant, mais dont le poids dĂ©cisionnel reste limitĂ©. Une façon d’honorer une stature locale, tout en rĂ©duisant son influence rĂ©elle.

Chaque nomination est un signal. Les visages locaux restent en vitrine, mais le centre de gravité du pouvoir glisse vers Paris.

Le process, entre contraintes et ingénierie.

La loi sud-africaine limite Ă  20 % la dĂ©tention Ă©trangĂšre des droits de vote dans une sociĂ©tĂ© de diffusion. La rĂ©ponse : la crĂ©ation de “LicenceCo”, une entitĂ© contrĂŽlĂ©e par des investisseurs sud-africains, notamment issus des “historically disadvantaged groups”. Une solution lĂ©gale qui respecte la lettre de la loi, mais qui, selon des sources proches des nĂ©gociations, conserve Ă  Canal+ l’essentiel de l’influence Ă©conomique et stratĂ©gique.

Les angles humains.

Le moratoire de 3 ans sur les licenciements ne rĂšgle pas la question de la fidĂ©litĂ© des talents locaux. DĂ©jĂ , certains cadres s’interrogent : leur marge de manƓuvre survivra-t-elle Ă  la centralisation ? Une fuite silencieuse des meilleurs profils est une hypothĂšse sĂ©rieuse. Or un deal peut s’effondrer non pas par manque d’abonnĂ©s, mais par perte de ses hommes-clĂ©s.

Les angles stratégiques.

‱ Concurrence : l’alliance Canal+ – MultiChoice concentre une position quasi-hĂ©gĂ©monique sur la TV payante subsaharienne. Les rĂ©gulateurs du Nigeria et du Kenya observent de prĂšs l’éventuelle “francisation” des contenus.

‱ MarchĂ© : inflation, coupures d’électricitĂ©, piratage massif. Si le churn dĂ©passe 10 % d’ici fin 2025, l’équilibre bascule.

‱ TemporalitĂ© : des scĂ©narios internes Ă©voquent une IPO autour de 2027, mais uniquement si les synergies sur les droits sportifs et la production locale portent leurs fruits.

Dessous des cartes HUMINT.

Canal+ n’a pas seulement achetĂ© MultiChoice. Il s’est offert un levier d’influence culturelle et politique, une nouvelle architecture de gouvernance et un signal de puissance Ă  l’international. Mais la vraie partie se joue ailleurs : maintenir la loyautĂ© des talents, prĂ©server la confiance des rĂ©gulateurs, contenir l’érosion des abonnĂ©s.

derriĂšre chaque deal prĂ©sentĂ© comme industriel, ce sont toujours les hommes qui dĂ©terminent l’issue. Savoir qui gagne, qui perd, et pourquoi, reste la seule façon d’anticiper le futur.

#Board #Strategy #Influence #HUMINTAdvisory #SoftPower #Leadership #Canalplus #Canal+


Commentaires

Laisser un commentaire