Dans les grandes entreprises familiales, les transitions ne sont jamais seulement des mouvements de gouvernance. Elles sont des rĂ©vĂ©lateurs. La nomination de Thomas Coesfeld comme futur CEO de Bertelsmann au 1er janvier 2027 en est un exemple rare : un changement orchestrĂ© en douceur, mais qui porte les traces dâune compĂ©tition feutrĂ©e entre frĂšres, suffisamment visible pour que le Financial Times parle de âsuccession battleâ.
Ici, rien de tapageur. Tout est discret, calibré, et profondément ancré dans la culture Mohn : continuité, contrÎle, long terme.
Bertelsmann nâest pas un groupe comme les autres. Câest un Ă©cosystĂšme multimĂ©dia global â Ă©dition, musique, tĂ©lĂ©vision, services, Ă©ducation â tenu par une architecture familiale sophistiquĂ©e, oĂč les fondations jouent le rĂŽle de gardiennes du pouvoir. Depuis 1981, aucun membre de la famille nâavait dirigĂ© lâensemble. En choisissant Thomas, 35 ans, petit-fils du patriarche, la famille ne revient pas : elle reprend la main.
Pourquoi lui ? Les éléments tangibles convergent.
Le parcours de Thomas est celui dâun opĂ©rateur structurĂ© : McKinsey, transformation industrielle, puis ascension rapide chez BMG. LĂ , il a livrĂ© ce que la gouvernance familiale attend dâun hĂ©ritier : clartĂ© stratĂ©gique, discipline financiĂšre, capacitĂ© Ă trancher (recentrage du business, abandon du live), et surtout une lecture trĂšs moderne des leviers data et IA. Dans un groupe qui a signĂ© un partenariat majeur avec OpenAI, ce positionnement compte plus que jamais.
Face Ă lui, son frĂšre Carsten, profil âinvestissements & croissanceâ, avait dâautres atouts : lâĂ©ducation, la fintech, les deals. Mais le choix rĂ©vĂšle une ligne stratĂ©gique : dans un environnement oĂč la technologie et les droits intellectuels redessinent la valeur, la famille privilĂ©gie lâopĂ©rationnel maĂźtre de ses chiffres, plutĂŽt que le âdeal-makerâ.
La bataille nâa donc pas Ă©tĂ© un duel frontal â rien ne lâindique. Elle fut une Ă©preuve de lĂ©gitimitĂ© dans un systĂšme oĂč la loyautĂ©, les signaux faibles de performance et la capacitĂ© Ă incarner lâesprit de la maison comptent autant que les rĂ©sultats.
Le message de cette succession est clair :
le pouvoir reste familial, mais il change de génération et de tempo.
Thomas arrive avec une vision orientĂ©e donnĂ©es, rapiditĂ© et scalabilitĂ© ; il devient le pivot dâun nouvel Ă©quilibre : un CEO familial jeune, un frĂšre puissant sur les poches de croissance, et un dirigeant externe (RTL) pour stabiliser lâensemble.
Dans ce type de transition, lâessentiel ne se dit jamais publiquement. Il se lit.
Et ce que rĂ©vĂšle Bertelsmann aujourdâhui, câest la volontĂ© dâune famille dâinscrire son hĂ©ritage dans lâĂšre IA sans perdre le contrĂŽle du rĂ©cit.
Parce que dans les groupes familiaux, la vraie succession nâest jamais un changement de nom â mais un changement dâintention.
#HUMINTAdvisory #SuccessionStratégique #Gouvernance #Leadership #Berstelmann


Laisser un commentaire