Nommer un CEO au moment oĂč une scission stratĂ©gique est actĂ©e nâest jamais un geste neutre.
Câest un aveu. Et souvent, un signal que seuls quelques initiĂ©s savent lire.
La nomination de Steve Cahillane Ă la tĂȘte de Kraft Heinz, alors que le groupe prĂ©pare sa sĂ©paration en deux entitĂ©s opĂ©rationnelles Ă lâhorizon 2026, raconte une histoire bien diffĂ©rente de celle des communiquĂ©s officiels.
Ici, il ne sâagit pas de croissance.
Il sâagit de dĂ©senchevĂȘtrement.
Les marchés connaissent bien ce scénario.
Lors de la scission de Kelloggâs â pilotĂ©e par Cahillane â la valeur combinĂ©e des entitĂ©s issues de la sĂ©paration avait progressĂ© de prĂšs de 30 % dans les 18 mois, malgrĂ© une phase initiale de forte instabilitĂ© interne.
Un succĂšs financier.
Mais humainement, une opération sous trÚs haute tension.
Quand un board prépare une scission, il ne cherche pas un visionnaire.
Il cherche un chef dâorchestre du dĂ©couplage.
Un dirigeant capable de tenir une organisation pendant que les lignes de loyautĂ©, de pouvoir et dâidentitĂ© commencent Ă se dĂ©placer.
Dans ce type de configuration, le vrai sujet nâest pas la stratĂ©gie affichĂ©e.
Câest la capacitĂ© humaine Ă encaisser la fragmentation.
Une scission révÚle toujours trois choses invisibles :
⹠que les frictions internes sont devenues plus coûteuses que les synergies
⹠que les cycles de décision ne sont plus compatibles
âą que les jeux dâinfluence ont atteint un seuil critique
Les chiffres le confirment : dans les grandes scissions industrielles, plus de 60 % des départs clés ont lieu avant ou juste aprÚs la séparation, bien avant que les impacts financiers ne se stabilisent.
Le CEO nommĂ© dans ce contexte nâest pas lĂ pour fĂ©dĂ©rer.
Il est là pour arbitrer, trancher, absorber les résistances et rendre la séparation irréversible.
Câest un rĂŽle Ă haute intensitĂ© :
tenir face aux tensions silencieuses,
gérer les départs non déclarés,
maintenir un rĂ©cit externe cohĂ©rent pendant que lâinterne se fragilise.
La plupart des scissions échouent rarement sur le papier.
Elles échouent humainement, bien avant que les chiffres ne le racontent.
Le vrai risque nâest pas financier.
Il est comportemental.
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Conclusion HUMINT
Les grandes décisions stratégiques ne se lisent pas dans les plans.
Elles se lisent dans les profils choisis pour gĂ©rer lâinconfort humain quâelles provoquent.
âž»
#HumintAdvisory
#DessousDesCartes
#BehavioralStrategy
#ExecutiveLeadership
#BoardroomDynamics


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