En six ans, BP a vu se succéder quatre figures de CEO ou assimilées.
Selon Reuters, aucun autre supermajor europĂ©en nâa connu une telle Ă©rosion du leadership exĂ©cutif sur une pĂ©riode aussi courte.
Pour mémoire :
â ExxonMobil : tenure moyenne dâun CEO â 8,5 ans
â Shell : â 6,7 ans
â TotalEnergies : â 8 ans
â BP : moins de 2 ans effectifs sur la sĂ©quence rĂ©cente
Ce chiffre nâest pas anecdotique.
Il est le cĆur du problĂšme.
La nomination de Meg OâNeill comme future CEO de BP nâest donc pas une succession classique.
Câest une tentative de stabilisation dâun pouvoir devenu instable.
Le signal faible que le marché lit trÚs bien
Quand un board :
â Ă©courte des mandats successifs,
â accepte une phase de direction intĂ©rimaire,
â choisit une CEO externe,
â et annonce la transition trĂšs en amont,
il ne gĂšre plus une personne.
Il traite un problĂšme de gouvernance structurel.
Message implicite :
« Le rĂŽle de CEO nâest plus en capacitĂ© dâabsorber seul les tensions du systĂšme. »
lâusure invisible de la fonction CEO chez BP
Depuis lâĂšre Looney, le CEO chez BP est pris dans un Ă©tau :
â investisseurs rĂ©clamant du cash et des retours rapides,
â pression ESG et politique croissante,
â discours de transition ambitieux,
â rĂ©alitĂ© industrielle lourde et capital intensive.
Analyse :
le CEO est progressivement devenu un point de cristallisation des tensions,
plus quâun vĂ©ritable arbitre souverain.
Quand la fonction devient plus exposée que décisionnaire,
la rotation sâaccĂ©lĂšre.
Câest exactement ce que BP a vĂ©cu.
Profilage comportemental â pourquoi Meg OâNeill
Le choix OâNeill est tout sauf symbolique.
Chez Woodside, elle a pilotĂ© lâintĂ©gration de BHP Petroleum,
une opération contestée, politiquement sensible, fortement critiquée sur le plan ESG.
Lecture HUMINT :
â tolĂ©rance Ă©levĂ©e au conflit,
â capacitĂ© Ă tenir une ligne malgrĂ© les critiques,
â faible dĂ©pendance au consensus moral,
â prioritĂ© donnĂ©e Ă la cohĂ©rence industrielle et financiĂšre.
Ce profil est rarement nommĂ© pour âinspirerâ.
Il est nommé pour trancher.
Stratégie implicite du board BP
Les signaux convergent :
â discipline du capital renforcĂ©e
â clarification du portefeuille (core / non-core)
â hiĂ©rarchisation stricte des projets bas carbone
â rĂ©duction du flou stratĂ©gique
BP ne renonce pas Ă la transition.
BP renonce à la confusion entre ambition et faisabilité.
Contrepoint nécessaire :
Ce choix nâest pas sans risque.
Le passĂ© dâOâNeill chez Woodside peut :
â renforcer les critiques ESG,
â durcir les relations avec certaines parties prenantes,
â exposer BP Ă un backlash rĂ©putationnel accru.
Quand un board cherche un arbitre crĂ©dible plutĂŽt quâun visionnaire,
câest quâil a compris que le danger principal nâest plus externe.
Le vrai risque, câest un pouvoir qui ne dĂ©cide plus clairement.
La question nâest donc pas :
« Meg OâNeill rĂ©ussira-t-elle ? »
La seule question stratégique est :
« BP est-il prĂȘt Ă assumer pleinement les dĂ©cisions inconfortables quâimplique enfin une stratĂ©gie lisible ? »
#HumintAdvisory


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