đŸ”” BP : 4 CEOs en 6 ans. Quand l’instabilitĂ© devient un risque stratĂ©gique.

En six ans, BP a vu se succéder quatre figures de CEO ou assimilées.

Selon Reuters, aucun autre supermajor europĂ©en n’a connu une telle Ă©rosion du leadership exĂ©cutif sur une pĂ©riode aussi courte.

Pour mémoire :

– ExxonMobil : tenure moyenne d’un CEO ≈ 8,5 ans

– Shell : ≈ 6,7 ans

– TotalEnergies : ≈ 8 ans

– BP : moins de 2 ans effectifs sur la sĂ©quence rĂ©cente

Ce chiffre n’est pas anecdotique.

Il est le cƓur du problùme.

La nomination de Meg O’Neill comme future CEO de BP n’est donc pas une succession classique.

C’est une tentative de stabilisation d’un pouvoir devenu instable.

Le signal faible que le marché lit trÚs bien

Quand un board :

– Ă©courte des mandats successifs,

– accepte une phase de direction intĂ©rimaire,

– choisit une CEO externe,

– et annonce la transition trùs en amont,

il ne gĂšre plus une personne.

Il traite un problĂšme de gouvernance structurel.

Message implicite :

« Le rĂŽle de CEO n’est plus en capacitĂ© d’absorber seul les tensions du systĂšme. »

l’usure invisible de la fonction CEO chez BP

Depuis l’ùre Looney, le CEO chez BP est pris dans un Ă©tau :

– investisseurs rĂ©clamant du cash et des retours rapides,

– pression ESG et politique croissante,

– discours de transition ambitieux,

– rĂ©alitĂ© industrielle lourde et capital intensive.

Analyse :

le CEO est progressivement devenu un point de cristallisation des tensions,

plus qu’un vĂ©ritable arbitre souverain.

Quand la fonction devient plus exposée que décisionnaire,

la rotation s’accĂ©lĂšre.

C’est exactement ce que BP a vĂ©cu.

Profilage comportemental — pourquoi Meg O’Neill

Le choix O’Neill est tout sauf symbolique.

Chez Woodside, elle a pilotĂ© l’intĂ©gration de BHP Petroleum,

une opération contestée, politiquement sensible, fortement critiquée sur le plan ESG.

Lecture HUMINT :

– tolĂ©rance Ă©levĂ©e au conflit,

– capacitĂ© Ă  tenir une ligne malgrĂ© les critiques,

– faible dĂ©pendance au consensus moral,

– prioritĂ© donnĂ©e Ă  la cohĂ©rence industrielle et financiĂšre.

Ce profil est rarement nommĂ© pour “inspirer”.

Il est nommé pour trancher.

Stratégie implicite du board BP

Les signaux convergent :

– discipline du capital renforcĂ©e

– clarification du portefeuille (core / non-core)

– hiĂ©rarchisation stricte des projets bas carbone

– rĂ©duction du flou stratĂ©gique

BP ne renonce pas Ă  la transition.

BP renonce à la confusion entre ambition et faisabilité.

Contrepoint nécessaire :

Ce choix n’est pas sans risque.

Le passĂ© d’O’Neill chez Woodside peut :

– renforcer les critiques ESG,

– durcir les relations avec certaines parties prenantes,

– exposer BP Ă  un backlash rĂ©putationnel accru.

Quand un board cherche un arbitre crĂ©dible plutĂŽt qu’un visionnaire,

c’est qu’il a compris que le danger principal n’est plus externe.

Le vrai risque, c’est un pouvoir qui ne dĂ©cide plus clairement.

La question n’est donc pas :

« Meg O’Neill rĂ©ussira-t-elle ? »

La seule question stratégique est :

« BP est-il prĂȘt Ă  assumer pleinement les dĂ©cisions inconfortables qu’implique enfin une stratĂ©gie lisible ? »

#HumintAdvisory