14,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025.
327 000 pneus vendus.
8,5 millions de pertes.
Près de 26 euros perdus par pneu.
Mobivia avait pourtant les capitaux, la collecte, la distribution et ses réseaux Norauto, Midas et Carter-Cash.
Puis le groupe sort.
D’autres décident d’entrer.
Ils regardent les mêmes machines, les mêmes comptes et les mêmes risques.
Mais pas depuis la même histoire.
Pour Mobivia, Black Star était devenue une succession d’investissements à justifier, d’objectifs reportés et de pertes à contenir.
Un groupe décide aussi sous le regard de ceux qui lui demanderont pourquoi il a continué.
Les repreneurs arrivent sans ce passif émotionnel.
Ils ne voient pas 30 millions engloutis, mais un apprentissage industriel financé avant leur arrivée.
Mobivia décide avec la fatigue de celui qui a déjà cru.
Les repreneurs avec l’énergie de ceux qui pensent pouvoir faire mieux.
C’est ici que commence le risque.
Pour reprendre une entreprise abandonnée par l’actionnaire le mieux placé pour la sauver, il faut croire que le problème venait moins de l’actif que de la manière dont il était décidé.
Cette conviction est indispensable.
Elle peut aussi devenir un biais de supériorité.
La nouvelle gouvernance semble construite pour contenir ce danger.
Cédric Meston porte le pari et engage sa réputation de repreneur.
Mais sa conviction n’est pas laissée seule aux commandes.
Arnaud Hage, spécialiste des restructurations, prend la présidence : empêcher que l’enthousiasme ne devienne déni financier.
Adrien Eymard prend la direction générale : convertir l’intuition en réalité industrielle.
Laurent Cabassu, l’ancien dirigeant, reste conseiller : la connaissance demeure, séparée du pouvoir de décision.
L’un croit.
L’autre contrôle.
Le troisième exécute.
Le dernier transmet.
Première décision : fermer Saint-Pierre-de-Bœuf et concentrer l’activité à Béthune.
91 emplois sont préservés.
Pour les équipes, le récit doit maintenant passer l’épreuve des comportements.
Qui vient dans l’usine ?
Qui écoute les alertes ?
Qui assume les mauvaises nouvelles ?
Qui décide lorsque les chiffres résistent ?
Le redressement se jouera autant dans ces réponses que dans les volumes.
Black Star oppose deux rapports humains au même risque : celui d’un groupe qui ne voulait plus expliquer pourquoi il continuait, et celui de repreneurs qui devront bientôt expliquer pourquoi ils pensaient avoir raison.
Ils peuvent avoir identifié ce que Mobivia ne voyait plus.
Ils bénéficient aussi du privilège de ne pas avoir encore été déçus.
Une entreprise en difficulté n’est pas sauvée par ceux qui y croient le plus.
Elle l’est par ceux qui savent reconnaître le moment où les faits contredisent leur conviction — puis décider sans protéger leur ego, leur récit ou leur réputation.
Dans un retournement, la conviction permet d’entrer.
Seule la lucidité permet de rester.
#HumintAdvisory


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