Câest probablement ce qui se joue actuellement chez AT&T.
à premiÚre vue, la nomination de Jennifer Biry comme future CFO et le départ programmé de Pascal Desroches fin 2026 ressemblent à une succession exemplaire.
Mais ce nâest pas vraiment une histoire de finance.
Câest une histoire de risque.
Car AT&T ne se trouve pas dans une situation ordinaire.
Le groupe gĂ©nĂšre plus de 125 milliards de dollars de chiffre dâaffaires, poursuit ses investissements massifs dans la fibre et la 5G, promet plus de 45 milliards de dollars de retour aux actionnaires entre 2026 et 2028, tout en continuant Ă porter lâhĂ©ritage dâannĂ©es de restructurations et dâun endettement qui reste parmi les plus Ă©levĂ©s du secteur.
Face Ă Verizon et Ă T-Mobile, lâerreur dâexĂ©cution nâest plus une option.
Dans ce contexte, le rÎle du CFO dépasse largement les chiffres.
Il consiste Ă maintenir la confiance des marchĂ©s, financer la croissance, poursuivre le dĂ©sendettement et arbitrer des intĂ©rĂȘts parfois contradictoires.
Autrement dit, tenir plusieurs promesses simultanément.
Câest probablement la raison pour laquelle AT&T nâa pas choisi la rupture.
Jennifer Biry connaßt déjà la maison.
Ancienne dirigeante de WarnerMedia, puis CFO et COO de McAfee, elle connaßt les circuits informels, les équilibres humains et la culture profonde du groupe.
Et dans les pĂ©riodes de forte transformation, cette connaissance vaut parfois plus quâun CV brillant.
Le parallĂšle avec LâOrĂ©al est intĂ©ressant.
Jean-Paul Agon avait préparé pendant plusieurs années la succession de Nicolas Hieronimus.
Lâobjectif nâĂ©tait pas de surprendre.
Lâobjectif Ă©tait de rĂ©duire le risque.
Car les grandes successions ne sont pas des concours de talents.
Ce sont des exercices de stabilisation.
Lâhistoire rĂ©cente montre dâailleurs que les marchĂ©s sanctionnent souvent moins une mauvaise nouvelle quâune perte de confiance dans la capacitĂ© dâexĂ©cution.
La question intĂ©ressante est peut-ĂȘtre ailleurs.
Cette nomination rĂ©duit-elle le risque dâexĂ©cution ?
Ou traduit-elle la conviction du conseil dâadministration quâen pĂ©riode dâincertitude, la continuitĂ© a davantage de valeur quâune rupture stratĂ©gique ?
Les conseils dâadministration les plus expĂ©rimentĂ©s ne cherchent pas toujours le dirigeant le plus brillant.
Ils cherchent celui ou celle capable dâĂȘtre acceptĂ© par les marchĂ©s, les Ă©quipes, les actionnaires et les centres de pouvoir informels.
Parce quâau sommet, une succession ratĂ©e peut dĂ©truire plusieurs milliards de valeur.
Et parce quâen matiĂšre de gouvernance, la confiance reste probablement lâactif le plus difficile Ă reconstruire.
Pour nos propres successions C-level, la question nâest peut-ĂȘtre pas :
« Qui est le meilleur ? »
Mais plutĂŽt :
« Qui sera suivi lorsque les choses se compliqueront ? »
#HumintAdvisory


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