La porte du conseil de surveillance se referme.
Autour de la table, personne ne conteste le diagnostic.
Volkswagen est trop lourd.
Trop lent.
Ses usines européennes sont surdimensionnées, ses coûts trop élevés et la Chine avance plus vite que ses décisions.
Oliver Blume pose le plan.
Réduire les capacités.
Couper dans les coûts.
Envisager l’impensable : davantage de suppressions d’emplois et la fermeture de sites allemands.
En face, les salariés se raidissent.
La Basse-Saxe bloque.
La décision ne passe pas.
Puis Porsche SE sort du silence.
2,2 milliards d’euros de perte.
3 milliards de dépréciation sur Volkswagen.
Et ces mots : « carrefour historique », « chaque option doit être examinée », « renforcer les capacités de décision et d’exécution ».
Ce communiqué ne raconte pas seulement des résultats.
Il révèle ce qui s’est joué dans la pièce.
Porsche SE détient 53,3 % des droits de vote.
Elle contrôle Volkswagen.
Mais elle ne parvient plus à transformer ce contrôle en mouvement.
Car quatre pouvoirs s’affrontent.
Les familles Porsche et Piëch protègent leur patrimoine et les dividendes futurs.
Les salariés défendent les emplois, les usines et le contrat social.
La Basse-Saxe protège son territoire et un symbole industriel allemand.
Oliver Blume doit obtenir une décision assez dure pour restaurer la compétitivité, mais assez acceptable pour être exécutée.
C’est ici que commence le décryptage de HUMINT.
Tous savent que Volkswagen doit changer.
Mais chacun redoute davantage le coût immédiat de la décision que le coût différé de l’inaction.
Les familles refusent que leur actif central continue de perdre de la valeur.
Les syndicats ne peuvent cautionner la destruction de ce qu’ils ont mandat de protéger.
La Basse-Saxe ne peut voter aujourd’hui des fermetures qu’elle devra expliquer demain.
Et Blume ne peut diriger longtemps un plan qu’il ne parvient pas à faire adopter.
Le communiqué devient alors un coup à plusieurs bandes.
Il donne publiquement mandat à Blume.
Il place les opposants face à leur responsabilité.
Et prépare le récit de l’après : si Volkswagen recule encore, les familles pourront dire qu’elles avaient demandé d’agir.
Mais ce soutien est aussi un piège.
Blume réclamait un mandat.
Le voilà exposé.
Il doit construire la coalition capable de décider ou devenir le visage de l’impuissance.
Voilà le dessous des 2,2 milliards.
La perte est comptable.
La crise est humaine et décisionnelle.
Volkswagen ne manque ni de capitaux, ni d’ingénieurs, ni de marques.
Il manque d’un acteur capable d’assumer le sacrifice, de convaincre les autres de le partager et de transformer quatre légitimités rivales en une seule direction.
Dans une crise de gouvernance, le danger n’apparaît pas lorsque personne ne voit le problème.
Il apparaît lorsque tous le voient, que chacun attend une décision… et que personne ne veut en porter le prix.
#HumintAdvisory


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