Il dénonce les ego, mais vit la contradiction comme une attaque.
Il exige de la transparence, mais se ferme à la première mauvaise nouvelle.
Il veut des équipes autonomes, mais reprend chaque décision.
Il réclame de l’audace, puis cherche un responsable au premier échec.
Il critique les jeux de pouvoir, mais ne consulte plus que ceux qui le rassurent.
Ce paradoxe n’est ni rare ni théorique.
Chez Boeing, un groupe d’experts mandaté par la FAA a constaté un décalage entre le discours de la direction sur la sécurité et la perception des salariés. Certains ignoraient les dispositifs d’alerte. D’autres craignaient des représailles.
Chez Stellantis, Carlos Tavares a expliqué son départ par des divergences stratégiques avec le Conseil. Une entreprise de 250 000 personnes et 15 marques mondiales s’est retrouvée confrontée à ce que son ancien dirigeant a lui-même nommé : un désalignement au sommet.
Chez Nike, Elliott Hill a dû renouer avec les distributeurs et recentrer l’entreprise sur le sport après une stratégie digitale qui avait éloigné la marque de partenaires essentiels et laissé davantage d’espace à ses concurrents.
Trois situations différentes. Une même réalité :
Ce qui n’est plus entendu au sommet finit toujours par apparaître dans les résultats.
Le dirigeant pense avoir un problème d’exécution.
Les équipes vivent un problème de confiance.
Il pense que son COMEX manque de courage.
Le COMEX a compris que le désaccord coûte cher.
Il pense conduire une transformation.
L’organisation consacre son énergie à anticiper ses réactions.
Alors, les décisions ralentissent.
Les réunions deviennent des mises en scène.
Les signaux faibles disparaissent.
Les talents se taisent, s’épuisent ou partent.
Les autres s’adaptent.
Pas à la stratégie.
Au dirigeant.
C’est ainsi qu’un angle mort individuel devient une culture collective.
Puis un risque opérationnel.
Puis un problème humain.
Puis une crise.
La santé mentale en entreprise ne commence donc pas avec une application de méditation, une ligne d’écoute ou une semaine consacrée au bien-être.
Elle commence aussi dans la manière dont le pouvoir est exercé.
Un dirigeant bien accompagné ne devient pas plus doux.
Il devient plus lucide.
Il distingue une alerte d’une attaque.
Une contradiction d’une déloyauté.
Une intuition d’une certitude.
Une ambition d’une fuite en avant.
Décoder. Aligner. Sécuriser.
Décoder ce qui ne se dit plus.
Aligner les intentions, les comportements et leurs conséquences réelles.
Sécuriser la décision avant que l’aveuglement ne coûte des talents, de la confiance, du temps et de l’argent.
Le véritable danger, au sommet, n’est pas de ne plus savoir décider.
C’est de ne plus savoir ce que ses décisions produisent sur les autres.
Et de n’avoir autour de soi plus personne capable de le dire.
#HumintAdvisory


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