đŸ”” VOLKSWAGEN : le dĂ©part de Susanne Wiegand rĂ©vĂšle-t-il un recentrage du pouvoir rĂ©el ?

La dĂ©mission de Susanne Wiegand du conseil de surveillance de Volkswagen ne constitue pas seulement un changement de gouvernance. Elle intervient Ă  un moment oĂč le groupe fait face simultanĂ©ment Ă  une pression chinoise historique, Ă  des droits de douane amĂ©ricains potentiellement coĂ»teux, Ă  des restructurations industrielles majeures et Ă  des arbitrages sensibles sur ses actifs stratĂ©giques.

Dans ce contexte, le dĂ©part de l’une des administratrices considĂ©rĂ©es comme les plus indĂ©pendantes du board mĂ©rite une lecture plus approfondie.

Car chez Volkswagen, la question n’est jamais uniquement : qui part ?

La véritable question est : qui voit son influence relative se renforcer aprÚs ce départ ?

La gouvernance de Volkswagen repose sur un Ă©quilibre de pouvoir particuliĂšrement complexe entre la famille Porsche-PiĂ«ch (via Porsche SE), le Land de Basse-Saxe, les reprĂ©sentants des salariĂ©s et le Qatar. Cet Ă©quilibre fonctionne tant que les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques convergent. Lorsque les contraintes externes augmentent, les centres de pouvoir historiques ont tendance Ă  se renforcer.

Le calendrier interroge.

Le groupe doit simultanément :

‱ gĂ©rer l’accĂ©lĂ©ration de la concurrence chinoise sur les vĂ©hicules Ă©lectriques ;

‱ arbitrer ses investissements entre Ă©lectrique, thermique et nouvelles technologies ;

‱ conduire des restructurations industrielles sensibles ;

‱ gĂ©rer des opĂ©rations capitalistiques oĂč des actionnaires dĂ©jĂ  prĂ©sents dans la gouvernance peuvent Ă©galement apparaĂźtre comme partenaires ou investisseurs potentiels.

La question stratĂ©gique devient alors moins celle de l’indĂ©pendance formelle des administrateurs que celle de leur capacitĂ© rĂ©elle Ă  influencer les dĂ©cisions.

un indicateur mĂ©rite toujours une attention particuliĂšre : le dĂ©part des acteurs capables d’introduire de la friction dans le processus dĂ©cisionnel.

L’exemple le plus proche reste probablement celui de Renault-Nissan avant 2018.

Sur le papier, la gouvernance de l’Alliance apparaissait robuste. En pratique, les centres de pouvoir s’étaient progressivement dĂ©placĂ©s vers des rĂ©seaux informels, des Ă©quilibres politiques et des loyautĂ©s croisĂ©es. Lorsque la crise Ghosn a Ă©clatĂ©, les marchĂ©s ont dĂ©couvert que le pouvoir rĂ©el ne se trouvait plus exactement lĂ  oĂč les organigrammes le laissaient penser.

Chez Volkswagen, il serait prématuré de parler de crise de gouvernance.

En revanche, le dĂ©part d’une voix indĂ©pendante au moment oĂč les enjeux industriels, gĂ©opolitiques et actionnariaux atteignent un niveau de tension inĂ©dit constitue un signal qu’il serait imprudent d’ignorer.

Car dans les organisations complexes, lorsque les contre-pouvoirs s’affaiblissent, ce n’est gĂ©nĂ©ralement pas le pouvoir qui disparaĂźt.

C’est le pouvoir informel qui progresse.

#HumintAdvisory


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