La dĂ©mission de Susanne Wiegand du conseil de surveillance de Volkswagen ne constitue pas seulement un changement de gouvernance. Elle intervient Ă un moment oĂč le groupe fait face simultanĂ©ment Ă une pression chinoise historique, Ă des droits de douane amĂ©ricains potentiellement coĂ»teux, Ă des restructurations industrielles majeures et Ă des arbitrages sensibles sur ses actifs stratĂ©giques.
Dans ce contexte, le dĂ©part de lâune des administratrices considĂ©rĂ©es comme les plus indĂ©pendantes du board mĂ©rite une lecture plus approfondie.
Car chez Volkswagen, la question nâest jamais uniquement : qui part ?
La véritable question est : qui voit son influence relative se renforcer aprÚs ce départ ?
La gouvernance de Volkswagen repose sur un Ă©quilibre de pouvoir particuliĂšrement complexe entre la famille Porsche-PiĂ«ch (via Porsche SE), le Land de Basse-Saxe, les reprĂ©sentants des salariĂ©s et le Qatar. Cet Ă©quilibre fonctionne tant que les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques convergent. Lorsque les contraintes externes augmentent, les centres de pouvoir historiques ont tendance Ă se renforcer.
Le calendrier interroge.
Le groupe doit simultanément :
âą gĂ©rer lâaccĂ©lĂ©ration de la concurrence chinoise sur les vĂ©hicules Ă©lectriques ;
⹠arbitrer ses investissements entre électrique, thermique et nouvelles technologies ;
âą conduire des restructurations industrielles sensibles ;
âą gĂ©rer des opĂ©rations capitalistiques oĂč des actionnaires dĂ©jĂ prĂ©sents dans la gouvernance peuvent Ă©galement apparaĂźtre comme partenaires ou investisseurs potentiels.
La question stratĂ©gique devient alors moins celle de lâindĂ©pendance formelle des administrateurs que celle de leur capacitĂ© rĂ©elle Ă influencer les dĂ©cisions.
un indicateur mĂ©rite toujours une attention particuliĂšre : le dĂ©part des acteurs capables dâintroduire de la friction dans le processus dĂ©cisionnel.
Lâexemple le plus proche reste probablement celui de Renault-Nissan avant 2018.
Sur le papier, la gouvernance de lâAlliance apparaissait robuste. En pratique, les centres de pouvoir sâĂ©taient progressivement dĂ©placĂ©s vers des rĂ©seaux informels, des Ă©quilibres politiques et des loyautĂ©s croisĂ©es. Lorsque la crise Ghosn a Ă©clatĂ©, les marchĂ©s ont dĂ©couvert que le pouvoir rĂ©el ne se trouvait plus exactement lĂ oĂč les organigrammes le laissaient penser.
Chez Volkswagen, il serait prématuré de parler de crise de gouvernance.
En revanche, le dĂ©part dâune voix indĂ©pendante au moment oĂč les enjeux industriels, gĂ©opolitiques et actionnariaux atteignent un niveau de tension inĂ©dit constitue un signal quâil serait imprudent dâignorer.
Car dans les organisations complexes, lorsque les contre-pouvoirs sâaffaiblissent, ce nâest gĂ©nĂ©ralement pas le pouvoir qui disparaĂźt.
Câest le pouvoir informel qui progresse.
#HumintAdvisory


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